Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 10:11

La Gazette des Blaireaux

Désaveu, déni, désarroi

Soumission. Après avoir en son livre de confidences insulté les juges, auxquels il reproche sans doute d’avoir trop lourdement condamné M. Cahuzac et insuffisamment persécuté M. Sarkozy, le Président-soliveau s’obstine à les poursuivre de sa vindicte : il a usé de son droit de grâce pour infirmer deux jugements condamnant une femme coupable de meurtre sur la personne de son époux. Certes, il arrivait à celui-ci de la passer à tabac. Certes, la condition d’épouse maltraitée n’est pas des plus réjouissantes. Il saute aux yeux tout de même que la victime des sévices, plutôt que de déposer plainte, de demander le divorce ou simplement de quitter son mari, a préféré l’assassiner. La brutalité expéditive du procédé parmi d’autres solutions plus civilisées n’avait pas échappé aux juges, ni aux jurés. Or, par la grâce présidentielle, ce type de crime devient exemplaire. Il ne devrait pas tarder à être inscrit dans les Droits de la femme. Avec les copains de Mme Taubira, on doit s’attendre à tout.

Le droit de grâce, s’il a pu revêtir le sens d’un pardon dans l’optique chrétienne de la royauté, ne saurait introduire dans la laïcité républicaine que la faculté de rectifier une possible erreur judiciaire, par exemple une culpabilité admise par intime conviction sans preuve matérielle, ce qui n’est nullement le cas dans l’affaire qui nous occupe. Ainsi, par le plus haut personnage (I m 70) de ce qu’il reste d’État, ont été légitimées la vengeance, la justice individuelle, l’autodéfense ‒ tellement dénoncée par ailleurs ‒, encouragé le meurtre pour convenance personnelle, désavoué le corps judiciaire, distendu un peu plus le lien entre les citoyens et la justice de leur pays. Une fois de trop, le pouvoir provisoirement en place aura fait fi de l’intérêt général et de la raison pour se soumettre à une pression émotionnelle entretenue à grand tapage dans la cage aux perroquets.

v

Désarroi. Celui de France Info enquêtant à Alep après la défaite, grâce à Poutine, des égorgeurs islamiques et de leurs alliés, objectifs ou non. Les chrétiens d’Orient sont heureux et soulagés, la population fidèle à son gouvernement, c’est-à-dire les trois quarts de la population, crie victoire, on remonte des caves les portraits de Bachar ! Et la perruche au micro, qui n’a pas encore tout à fait compris qu’il était temps de retourner ses bobards dans l’autre sens, de suggérer que ces gens-là comme à l’ordinaire n’hésitent pas à contrefaire la vérité... (Matinée du 7 janvier.)

v

Mauvais exemple. Perplexité des économistes médiatisés : l’économie britannique, dont on annonçait la ruine après le « Brexit », se porte à merveille. On nous l’a même dit à la télévision ! N’étant pas économiste, je peux même annoncer qu’il ne s’agit nullement d’une embellie momentanée comme on l’insinue avec gourmandise ; ce n’est qu’un début : enfin parfaitement libre de ses décisions, et malgré les bâtons que l’Europe ne va pas manquer de lui jeter dans les roues, la Grande-Bretagne se dirige vers de vrais lendemains qui chantent ; et ceux-ci seront accueillis comme d’habitude par une complète stupéfaction des experts. Heureusement, les Français sont encore pour quelque temps à l’abri de la catastrophe : sortir du paradis monétaire et législatif de Bruxelles ! Après une transition qu’on essaiera de saboter, affronter une renaissance économique en même temps qu’une liberté d’action retrouvée ! Surtout, avertissent les augures de Radio-Paris, pardon ! de Radio France, ne suivons pas le mauvais exemple des Anglais. « L’Angleterre comme Carthage sera détruite ! », proclamait déjà Jean Hérold-Paquis.

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 14:26

   Une arithmétique des probabilités applicable à une série de votes préparatoires débouchant sur une élection  terminale devrait s’opérer, non à partir du souhait du calculateur ou de ses employeurs comme c’est généralement le cas, mais en se fondant sur les forces réelles en présence et les espérances, rejets et calculs particuliers des élément composant ces forces, calculs souvent purement conjoncturels et tactiques, qui ne vont pas nécessairement dans la même direction que le souhait posé par chaque électeur comme objectif final. La vision naïve du problème serait de se dire : les socialistes vont voter pour les socialistes, la droite molle pour la droite molle, le Front national pour la droite dure, etc. On est à peu près sûr, ainsi, de se tromper sur le résultat. Une fraction importante de l’électorat de 2016-2017 a cessé de ne voir dans une élection qu’une alternative : apporter son suffrage à son candidat ou s’abstenir. Cette fraction, souvent plus jeune et moins moutonnière, réfléchit, pèse, se souvient, reçoit de plus en plus l’information des médias officiels comme une propagande sans vergogne (Cf. les questions posées sur la Toile au sujet du silence actuellement posé comme un couvercle sur la bataille et les bombardements de Mossoul tandis que tous les projecteurs sont braqués chaque jour sur Alep). Elle est capable de changer d’avis à mesure que mûrit son raisonnement. Et ses réponses aux sondages sont lourdes d’arrière-pensées inaperçues des sondeurs.

   Prenons l’exemple de l’élection présidentielle française de 2017.

   Il y a tout d’abord, selon la doxa, trois forces officiellement en présence : une gauche déglinguée (par ses fautes, ses échecs, sa soumission systématique à la pression des intérêts particuliers contre l’intérêt général), une droite renforcée d’autant, et un parti hors normes, composite, traversé de courants, dont certaines options sont classablesà droite, d'autres à la droite de la droite, d’autres à gauche, d'autres encore à la gauche de la gauche. (Mais l'ensemble, en apparence incohérent, "tient" sur quelques valeurs patriotiques et sociétales d'autant plus solides qu'elles sont répudiées ou trahies par le "système".)

   Si l’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que la gauche est morcelée (et donc divisible par le vote) en plusieurs sous-ensembles réunis par quelques idées vagues (le progressisme contre le conservatisme, la référence aux grands ancêtres, une hostilité de pur principe, non appliquée dans les faits, aux « puissances d’argent »...) mais surtout séparés par des positions précises et radicalement opposées : sur l’empire de Bruxelles, la mondialisation financière, la politique à conduire vis-à-vis d’Israël et des États-Unis, la philosophie de l’entreprise et un grand nombre d’autres points qui font qu’aucun partisan de la gauche molle ne peut se reconnaître dans un politicien de la gauche dure et réciproquement. Des boulevards, en revanche, ont été percés entre gauche et droite molles comme il existe des tunnels plus obscurs entre la gauche dure (très minoritaire) et le parti hors système. Enfin, ce dernier a siphonné une grande partie de l’électorat populaire et ouvrier, et peut se féliciter d’un réservoir de jeunesse en constante augmentation, secteurs autrefois gagnés d'avance à la gauche dure, aujourd’hui rebutés par le discours archaïque et les gesticulations contreproductive des syndicats et militants.

   En définitive, les forces en présence sont motivées par de tout autres déterminations que le clivage extrême-gauche/gauche/droite/extrême-droite, terminologie toujours en usage pour des raisons tantôt de retard sur la réalité, tantôt et surtout de maquillage ad usum populi. Pris à leur propre piège, les spécialistes de la politologie officielle pensent que l’électeur déposera mécaniquement dans l’urne un bulletin choisi parmi les quatre couleurs traditionnelles parce qu’il adhère en bloc à l’une d’elles. Cela reste vrai pour une partie sclérosée et crédule de l’électorat (celle dont on montre des échantillons à la télévision) ; mais désormais le sort des urnes se joue  autrement que selon ce schéma dépassé, et c’est ce qui explique en partie les erreurs de pronostic de plus en plus nombreuses commises par les sondeurs d’opinion, qu’abusent de surcroît des réponses redues quasiment obligatoires par l'ordre moral en vigueur.

   À partir de ces données, comment analyser ce qui se passe et tenter de prévoir ce qui va se passer dans le cadre de l’élection présidentielle ?

   La primaire de la droite ne s’est pas déroulée entre trois, mais entre deux candidats.  M. Sarkozy, déjà rejeté en 2012, et par la faute de qui nous subissons aujourd’hui les conséquences d’une politique étrangère désastreuse à la remorque de Washington, en Lybie notamment, dont le public sait qu'elle n’a pas peu contribué au déclenchement du déferlement migratoire, M. Sarkozy était éliminé d’office, sauf aux yeux des spécialistes et des sondeurs, évidemment. (Voir ici même, « Dernières Nouvelles des imbéciles » 20 avril 2015 : « Il va briguer sa réélection à la présidence de la République. Il y a même des citoyens, paraît-il, qui auraient l’intention de revoter pour lui. »)         

   Les deux seuls candidats plausibles étaient donc MM. Juppé et Fillon. Au vu de leurs programmes, droite molle et droite un peu plus dure s’affrontaient. Le vainqueur serait presque sûrement présent au 2e tour en 2017. La règle, fort singulière mais difficile à éluder, du scrutin ouvert à tous, fournissait aux adversaires de la droite, qu’elle fût molle ou dure, le moyen d’infléchir le résultat, ce dont ils ne se sont pas privés. Pour la gauche molle (ou même un peu plus dure), le plus tolérable des deux était M. Juppé. Pour les partisans de Mme Le Pen, l’homme dangereux, celui qui risquait de l’emporter au 2e tour de la présidentielle en rassemblant dans un « front républicain » les sempiternels cocus des deux camps, était également M. Juppé. Si l’on partait de l’hypothèse selon laquelle, en finale de la primaire, les électeurs « L.R. » se sont partagés à 50/50 entre leurs deux candidats, la cause du basculement en faveur de M. Fillon serait donc essentiellement le rapport de force réel entre les deux catégories d’adversaires qui s'y sont invités : les socialistes qui ont voté Juppé et les sympathisants du Front National, beaucoup plus nombreux et motivés, qui ont voté Fillon. Et si l’on part de l’hypothèse selon laquelle les électeurs « L. R. » ont été plus nombreux à voter Fillon, cela pourrait signifier que le rassemblement des voix « molles » de droite et de gauche, préfiguration en pointillé d’un éventuel front républicain, ne suffit plus à contrer un candidat « dur ».

   Examinons à présent la situation du côté socialiste. Bien qu'il traîne le handicap de sa connivence avec le soliveau élu par les grenouilles de La Fontaine, il est fort possible que M. Valls sorte vainqueur de la primaire. Dans ce cas, nous verrions au premier tour de la présidentielle Mme Le Pen, M. Fillon, M. Valls, M. Macron, et quelques candidats de second rang  grignotant des voix aux uns ou aux autres. Il est assez vraisemblable que M. Valls et M. Macron dans sa bulle (jusqu'où peut-elle enfler ?), malgré l’appoint de suffrages de la droite molle, s’éliminent mutuellement de la course, que même un seul n’eût pu gagner : resteraient en lice au second tour Mme Le Pen et M. Fillon.

   C’est ici qu’intervient la différence entre les programmes sociaux de l’un et de l’autre.

  Il est difficile d’imaginer que les réformes draconiennes ultralibérales exigées par M. Fillon pour restaurer l’économie favorisent une reconstitution de ce « front républicain » contre nature qui a permis naguère aux partis en place, ou en places, de conserver celles-ci. Autant M. Juppé eût pu réunir sous son édredon rad-soc, de type chiraquien, l’ensemble des voix molles et peut-être beaucoup de voix dures des deux camps, autant la casse promise par M. Fillon va en dissuader un grand nombre. Ce qui lui a permis de gagner la primaire lui fera-t-il perdre la présidentielle ?

   À l’appui de cette thèse, deux facteurs de conséquence, qui peu ou prou produiront un effet sur le scrutin : 1) le projet de Mme Le Pen, lui, n’a rien de socio-destructeur, bien au contraire ; 2) M. Fillon ne touchera pas aux conditions qui - cela commence à se savoir - ont plongé la France, comme les autres pays de l’Union européenne sauf l’Allemagne, dans une situation de crise permanente : le lit de Procuste de la monnaie maëstrichtienne, l’Europe techno-bureaucratique sous la coupe des banques, la mondialisation à sens unique, l’abandon de notre liberté de manœuvre en tous domaines y compris régaliens. Autrement dit le projet de M. Fillon, efficace en théorie, n’a aucune chance de réussir, sauf de manière marginale et précaire, dans le cadre européen calamiteux qu’il entend préserver.

   Vu la grosse réserve de voix engrangée par Mme Le Pen dans les classes populaires et chez ceux qui pensent la politique sans réflexes pavloviens, réserve additionnée à une frange d’électeurs (décisive en cas de partage des voix proche de l’égalité) qui refusent désormais de croire aveuglément à l’épouvantail FN et souhaitent un rassemblement des droites, ces diverses données convergent vers un point. Elles conduisent à penser que M. Fillon, bien qu'il s'y croie déjà, ne recueillera peut-être pas suffisamment de suffrages pour entrer à l'Elysée.  Si un tel pronostic se voyait confirmé, cela n’empêcherait pas, comme d’habitude, comme pour le Brexit, comme pour Donald Trump, nos augures éberlués, affolés, de crier au « séisme ». Le ciel une fois encore leur tomberait sur la tête. C’est à de tels symptômes que l’on identifie la tétanie des esprits.

10 décembre 2016

PS : Un lecteur formule une remarque : Et si M. Fillon amendait son programme durant la prochaine campagne, pour le rendre plus acceptable par tous ? A la question je réponds par une autre : M. Fillon a-t-il latitude de se déjuger, de renoncer aussi vite à une rigueur qu'il estime indispensable, qu'il a affirmée telle et qui l'a mené à une première victoire ?

   Autre objection : Et si M. Macron coiffait M. Fillon au poteau ? Quid de sa confrontation avec Marine Le Pen ? Réponse : s'il se trouve assez d'électeurs, pleurant toute l'année sur leur sort, pour porter au second tour le poulain des milliardaires et des banquiers qui toute l'année les font pleurer, les plus grands espoirs lui sont permis.

Partager cet article
Repost0
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 08:35

La Gazette des Blaireaux (suite)

~~Humour noir. Les Américains, gens pleins d’humour, feignent d’oublier la liste de leurs récents « crimes de guerre » (sans parler des premiers, ‒ fondateurs) : bombardements aveugles de la 2e Guerre mondiale, massacres des civils en particulier français, Hiroshima (125 000 âmes en quelques secondes, le double un peu après), Nagasaki, leur nettoyage au napalm du Viêt-Nam, enfants et forêts compris, les écoles, hôpitaux, marchés irakiens rasés tous les trois jours, et les innombrables autres horreurs, tortures, assassinats sur place ou à distance, auxquels ils se livrent sans vergogne chaque fois que la bannière étoilée est menacée. Et les voilà qui admonestent gravement Poutine, bien qu’il soit le seul jusqu’à présent à avoir fait reculer Daech, parce qu’il ne distingue pas bien dans ses frappes syriennes les « bons » des « mauvais » rebelles, comme si un présumé « bon » qui mène le même combat qu’un « mauvais » et lui apporte ainsi son aide et son soutien devait être exempté de la punition ! Et la soi-disant « communauté internationale », c’est-à-dire très exactement les valets européens de Washington et leurs médias à plat-ventre, d’entonner le refrain. Il y aura même bientôt, vous verrez, quelques blaireaux citoyens, à peine rescapés du Bataclan, qui manifesteront devant l’ambassade, réclamant contre la Russie des sanctions et pour toutes ces bonnes gens, barbus armés (sans distinction non plus) par l’Arabie, la paix des braves.

*

Les médecins de Molière. J’ai entendu hier, je le jure sur la tête d’un céleri-rave, un responsable de notre économie agricole – de quel rang, de quel syndicat ou administration, je suis arrivé trop tard pour l’apprendre – dire que l’on combattrait mieux les effets dévastateurs de Bruxelles en matière d’agro-alimentaire s’il existait « plus d’Europe » et plus de « convergence européenne ». Remède ingénieux, mais pas tellement nouveau : cela s’appelait autrefois, je crois, "traiter le mal par le mal".

*

Le sorcier de Macbeth. Tous ces crapauds, grenouilles, crocodiles remuant dans le chaudron, et Hollande qui touille paisiblement la soupe.

*

À l’anglaise. Indiscutablement plus intelligents que les autres, les Anglais dans leur majorité ont compris depuis toujours l’inviabilité de l’Europe bruxelloise et toujours été offusqués par l’abandon de souveraineté qu’elle impose. Ils ont donc, dès l’origine, choisi d’y prendre ce qui peut les avantager un peu (très peu, quelques facilités du trafic bancaire, une subvention par-ci, par-là) et de rejeter ce qui les paralyserait comme nous, notamment la monnaie unique. À présent que les maigres avantages qu’ils en retiraient compensent de moins en moins les inconvénients, ils essaient d’obtenir encore plus. Sinon, ils s’en iront, ce qui leur permettrait ‒ enfin ! ‒ de retrouver leur totale liberté d’action, condition indispensable au bon gouvernement d’un peuple. Triple horreur pour les partenaires : la cotisation anglaise disparaîtrait du budget, le mythe fondateur de l’Empire démocratique européen serait frontalement attaqué, le premier domino tomberait, ce qui ne peut qu’entraîner l’écroulement des autres, un par un. Vive l’Angleterre qui va peut-être nous sauver, comme en quarante !

Partager cet article
Repost0
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 16:35

La Gazette des blaireaux

Après les élections régionales, le déni explicatif

Les commentaires politiques de la médiasphère consécutifs à chaque nouvelle élection frappent une fois encore par leur caractère inapproprié. La question se pose donc, elle aussi, de nouveau : le font-ils exprès, ou sont-ils simplement entrainés et aveuglés par les automatismes de leur mécanique intellectuelle ? J’avais déjà traité le sujet ici même, l’an dernier, après le résultat des « européennes » et fourni un embryon de réponse :

« Les mots « surprise », choc », séisme » employés à qui mieux mieux par les commentateurs appartenant soit au personnel politique bien-pensant, soit aux médias de la même obédience, pour qualifier le résultat des élections européennes, est sans doute ce qui surprend le plus dans cette affaire. Hormis ces spécialistes patentés de la réflexion sociale et politique, on se demande qui aurait pu ne pas prévoir un raz-de-marée bleu marine, annoncé depuis des mois par tous les indicateurs visibles ou pressentis ? En réalité, à l’exception de quelques idiots de village irrécupérables, les politiciens et politologues en question prévoyaient parfaitement ce résultat, mais feignent aujourd’hui un étonnement scandalisé car ils en sont pour une grande part responsables tant par l’impéritie de leurs actes que par leurs prises de position. Ils se comportent comme ces ministres tombant des nues à propos d’une opération financière douteuse dont ils ont bénéficié. »

Le séisme (à « répliques » de plus en plus fortes et rapprochées depuis trente ans), une fois subi dans un effarement simulé, se digère dans une vraie douleur. Voilà qui « les » amène à presser sur leur ventre rebondi le bouton réfléchir. Aussitôt se remet à cliqueter le robot mental qui pour moitié (ou les trois quarts ?) leur tient lieu de cerveau. On voit distinctement que la première opération ‒ appuyer sur le bouton ‒ est volontaire, et qu’elle en enclenche une seconde : le pilotage automatique de la pensée.

Examinons à présent la litanie débitée d’une voix nasillarde et hachée par la machine en question : insé-cu-rité, fer-meture d’en-treprises, chô-mage, baisse du-pouvoir-d’achat, l’« exaspération » née de la persistance de ces maux et la peur de l’avenir qui va de pair, à quoi se mêle de façon insidieuse, de temps en temps, un sondage ou un reportage de rue adroitement ciblé pour montrer que ces ilotes qui votent mal possèdent en majorité un niveau d’instruction et une comprenette très inférieurs aux citoyens qui votent bien.

On observera que les facteurs invoqués par la voix de synthèse relèvent sans exception de causes extérieures, non imputables au gouvernement. Cela, en d’autres lieux, s’appellerait un alibi. L’insécurité, on la doit surtout à la montée du terrorisme, explication qui s’abreuve avec délectation au sang du 13 novembre. Le chômage, c’est à cause de la crise, et aussi de la disparité des salaires et des charges entre les pays producteurs ; or, n’est-ce pas, la crise est internationale, bien que ses effets, mystérieusement, semblent pour le principal se concentrer à l’intérieur du périmètre « européen ». Quant à la baisse du pouvoir d’achat, elle résulte à l’évidence du chômage, de la crise et de l’augmentation des impôts qu’exigent les dépenses nécessitées par le chômage, l’insécurité et la crise dans son ensemble. Bref, nous nous trouvons encagés comme des écureuils dans une tournette qui échappe totalement à la volonté comme à la compétence de nos princes. Voilà ce que devrait comprendre le peuple qui vote mal.

Difficulté : avec son bon sens un peu rudimentaire et sa mémoire de veau élevé sous la mère, une fraction en augmentation constante de ce populo, parqué avec dédain dans les étables du « populisme », voit en gros et se rappelle en détail un certain nombre de choix et d’actions du seul ressort de l’exécutif national, tant de la fausse droite que de la fausse gauche ‒ diminution des effectifs policiers, lubies de l’abominable Mme Bitaura, abolition des frontières, réformes réformant les réformes de l’Éducation réformée, etc. ‒ qui toutes devaient inéluctablement conduire la France à la situation de catastrophe qu’elle connaît « aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ».

Certes il ne suffit pas de dire, comme certains, que c’était inéluctable une fois que c’est arrivé. Mes lecteurs savent que je ne suis jamais tombé dans ce travers. Pour ceux qui en douteraient, qu’ils lisent ou relisent mes écrits anciens (sur la stupide géopolitique française déstabilisant les régimes capables de s’opposer à l’Islamisme radical, sur l’allégeance ‒ politiquement pitoyable, économiquement désastreuse ‒ à la politique américaine hostile par réflexe au retour de la puissance russe, sur les options sociétales bouffonnes et provocatrices du Signor Pantalone, etc.) Et pour ne pas avoir raison tout seul, j’appellerai à la rescousse une fois de plus mon vieux camarade Mourlet et son Pourquoi Chevènement de 2002, où tout est annoncé, répertorié, expliqué de ce qui se passe sous nos yeux en matière de déconstruction européenne.

Ainsi, plutôt qu’une récitation enregistrée qui ressert en toute occasion, pour peu qu’on introduise un peu de logique, de sens commun et de mémoire dans un raisonnement d’ordre politique, on ne risque pas de se retrouver hagard et hoquetant sous la violence de la surprise à l’énoncé de ce triomphe du FN. On peut même parier à coup sûr qu’il sera suivi d’autres, jusqu’à ce que l’exercice du pouvoir transforme à leur tour les nouveaux princes en décervelés sentencieux, leurs obligés en courtisans à plat-ventre et leurs électeurs en minus habens.

8/12/2015

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 11:28
Attentats dans le fief Bobo

La Gazette des Blaireaux

Attentats dans le fief Bobo

Contre les attaques terroristes dont notre pays est la cible, et plus particulièrement la capitale des Bobos, « il faut faire bloc », ose proférer un député des blaireaux. Autrement dit : faire bloc avec ceux qui sont directement responsables de la situation dans laquelle nous sommes ensablés jusqu’au cou en raison de leur politique aveugle et suicidaire. Où a-t-on jamais vu les victimes d’un incendie criminel s’associer avec le pyromane pour empêcher d’autres feux ? La seule action véritablement efficace à entreprendre est de balayer au plus vite ce personnel politique indigne, pour au moins trente ou quarante ans, le temps que de nouvelles générations de blaireaux qui n’auront pas connu nos malheurs recommencent à élire leurs semblables, tout comme les nôtres ont confié le pouvoir à ceux qui, aujourd’hui, envisagent des mesures de salut public contre leurs propres méfaits.

Rétablir les contrôles aux frontières ! Mais, chers blaireaux, il eût fallu d’abord ne point les abolir. Ainsi, vous auriez pu arrêter, non pas la totalité bien sûr, mais la plus grande partie de ces individus qui circulent aujourd’hui tranquillement grâce aux accords de Schengen, c’est-à-dire grâce à vous, à l’intérieur du périmètre européen, périmètre aisé à franchir, comme on sait.

Il eût fallu ensuite ne point mettre en place le système de pompe aspirante, ce mirage de paradis terrestre que constitue l’accueil, dans un premier temps, de réfugiés fuyant leur pays pour n’avoir pas à le défendre ; dans un premier temps, dis-je, car cette mirobolante possibilité s’est aussitôt élargie et a paru s’ouvrir à toute la misère du monde, au sein de laquelle s’est évidemment immergé un pourcentage certain, quoique en l’état non évaluable, d’islamistes forcenés (si paisibles, pourtant, diront leurs voisins saisis de stupeur...) vivier ‒ désormais installé sur notre sol par nos brillants ministres de la compassion nationale ‒ d’égorgeurs barbus qui brûlent d’intervenir.

Il eût fallu surtout, non pas désigner le président syrien à la vindicte, comme naguère Kadhafi, pour faire allégeance à Washington le front dans la poussière, mais soutenir dès l’origine son combat, afin d’éradiquer Daesh de Syrie quand il était encore temps.

Ces événements étaient prévisibles, ont été annoncés, se produisent comme prévu, ne sont rien encore au regard de ce qui se prépare. Rendez-vous au prochain massacre, à l’explosion de l’Arc de Triomphe, à que sais-je encore et qui dépassera sûrement une fois de plus l’imagination de nos gouvernants. Tous ensemble, donc ! Unis pour faire bloc et pour continuer ! Vive la République des blaireaux ! Vive la France !

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:45

14 juillet 2015. Défilé de nos armées. Le comique troupier qui affirme en être le chef a lancé au micro une de ces « petites blagues » qu'il affectionne : la Grèce ne doit surtout pas sortir de la zone Euro, parce que celle-ci lui apporte garantie de stabilité et protection. Nous voici enfin débarrassés du problème : les Grecs qui n'étaient pas encore morts de faim sont morts de rire.

*

Avoir subi le joug des Turcs et passer sous celui des Alboches ! Eh oui, mes braves, l'Histoire aurait dû vous l'apprendre : plus vite vous ferez sauter le couvercle, moins effrayants seront vos lendemains.

*

Toutes ces criailleries effarouchées dans le poulailler bruxellois, souillé des fientes helléniques. Et puis on franchit la Manche et l'on n'entend plus rien. Impressionnant, ce lion drapé dans sa monnaie nationale, qui rigole en silence..

*

La politique est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiciens. Voyez ce qu'ils en faisaient avant De Gaulle. Voyez ce qu'ils en font depuis la mort de Pompidou. À tout prendre un banquier vaut mieux, s'il a le sens de l'Etat et l'amour de la patrie.

*

On fait revenir aux urnes les électeurs jusqu'à ce qu'ils votent « bien » ; Les Français ont refusé d'avance le traité de Lisbonne, les Grecs ont rejeté l'asservissement de la Grèce. En vain. Pareils dénis de la volonté populaire ne s'étaient jamais vus dans aucune monarchie ni dictature occidentales. Des tontons macoutes ont beau détailler sur la Toile quelques arguties jouant sur les mots pour justifier l'injustifiable, l'« Union européenne » commence sérieusement à ressembler au régime de Papa Doc. Signe encourageant, car propre à tous les régimes à la dérive.

Juillet 2015

Partager cet article
Repost0
27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 10:29

~~ L’interdiction d’établir des statistiques sur l’origine ethnique des habitants de la France, donnée capitale pour comprendre, voire prévenir, certains dysfonctionnements de notre société, est un aveu d’importance, obtenu d’un pouvoir enferré dans ses mensonges. Hors arguties des dévots de la bien-pensance, elle ne peut revêtir qu’une signification : les chiffres de l’immigration officiellement avancés sont faux et on ne doit surtout pas risquer de faire connaître aux Français la vérité sur ce point. Il est beaucoup plus difficile de truquer le résultat d’un recensement auquel de nombreuses personnes ont travaillé et auquel d’autres, de par leur fonction, ont accès, que de fournir à la presse, qui n’attend que cela, la bouche en cœur, de rassurantes informations biaisées. En tout cas, voilà de quoi alimenter nos fantasmes ! Ne serait-ce pas, par hasard, une torpille sous-Marine qui aurait suggéré cette interdiction ?

*

L’islamiste coupeur de tête de l’Isère avait fait l’objet d’une surveillance interrompue au bout de quelques mois, l’une des excuses invoquées au micro par les autorités aussitôt après le drame étant qu’ hormis son appartenance notoire à la mouvance salafiste, « il n’avait pas de casier judiciaire »... Oserai-je signaler à M. le ministre de l’Intérieur que Ben Laden non plus n’en avait pas ? Le seul secteur d’activité sur lequel on refuse d’exercer en France le fameux « principe de précaution », si utile pour prévenir les incendies dans les salles de bain ou empêcher les gens de beurrer leurs tartines à la pommade antibiotique, c’est le terrorisme. Le seul secteur où il s’exerce réellement aux Etats-Unis depuis le 11 septembre, c’est le terrorisme. Par bonheur, le niveau de vigilance maximal est dès maintenant instauré en Région Rhône-Alpes, c’est-à-dire dans la seule région où il est absolument certain qu’aucun attentat de cette nature ne se produira plus avant des mois.

Il est courant d’affirmer que le terrorisme, insaisissable dans la foule anonyme, a toujours une longueur d’avance. Ajoutons-y le paramètre du Q.I., ça lui en fait au moins deux.

*

Que le premier ministre grec dise non à la sortir de l’euro, qu’il dise oui, qu’il dise peut-être, qu’il organise un référendum, qu’il accepte les nouvelles réformes imposées, ou seulement une partie d’entre elles, qu’il fasse les pieds au mur ou se tire une balle dans la tête, deux choses sont assurées : jamais la Grèce demeurant dans l’euro ne pourra rembourser sa dette, qui au contraire augmentera ; et sa seule façon de s’en sortir serait de sortir de l’euro, de retrouver sa bonne vieilles drachme et ses bonnes vieilles habitudes, qui lui assuraient une vie paisible avant sa descente aux enfers bruxellois (on les avait pourtant prévenus !). Elles lui permettraient même, à terme, une fois l’abcès crevé, de commencer à s’acquitter de son dû. Non seulement quelques bons économistes, mais M. Giscard d’Estaing en personne, semblent l’avoir compris ; c’est dire.

On ajoutera pour la bonne bouche que si M. Tsipras était malin (et il semble bien qu'il le soit plus que les europiomanes qui nous gouvernent ou font semblant), il irait voir du côté de Poutine si de vieux souvenirs byzantins ne pourraient pas inciter le tsar à donner un coup de main aux Hellènes, ce qui lui offrirait l'avantage supplémentaire de botter une fois de plus le derrière aux eurobsédés masochistes. Et s'il ne possède pas assez de roubles, les Chinois, eux, ont ce qu'il faut.

Attendons avec patience, Grèce, Grande-Bretagne, Espagne... l’écroulement des dominos, qui verra s’effondrer en même temps, une fois de plus, le grand rêve allemand toujours recommencé.

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:34

 

   Chers visiteurs, vous qui disposez d’un sens de l’observation et de la critique plus développé que la plupart de vos concitoyens, ainsi que d’une mémoire capable de remonter au-delà du dernier bulletin d’information de votre radio quotidienne, vous aurez sans doute remarqué comme moi  ces trois discours successifs – où parfois conjoints ‒ tenus par l’ensemble des médias officiels :  

   Premier discours : M. Bachar el-Hassad est un tyran sans foi ni loi, un assassin qui canonne son peuple et qu’il est urgent de chasser de Syrie, de juger et si possible de pendre, comme on a pendu Saddam Hussein, ou mieux encore de mitrailler sans jugement comme Kadhafi. (Avec les résultats que l’on sait.)  MM Hollande, Fabius et BHL, nos trois Tartarins de la géopolitique émotionnelle, l’arme au pied et larme à l’œil, pour jouer comme d’habitude les supplétifs fayots sous commandement yankee, s’étaient même empressés de brandir la menace d’une intervention française, assurés que les Etats-Unis allaient sans tarder « s’y coller ». (Avec la piteuse fin de non-recevoir que l’on sait.)  

   Second discours : Horreur ! Des ressortissants français s’engagent par centaines, dépassent le millier, dans les rangs du terrorisme djihadiste, ultime et complète expression de l’obscurantisme musulman lapidateur de femmes, égorgeur d’hommes et de moutons. Contexte passé sous silence, mais sous-jacent : ce terrorisme, dénoncé dès l’origine par M. Bachar el-Hassad, ces mercenaires venus de partout pour casser du Syrien et, à l’occasion, de l’Occidental, voilà justement contre quoi se bat l’armée syrienne. La fable d’une population soulevée contre son oppresseur a fini par apparaître à tel point dépourvue de crédibilité, au grand dépit de nos Tartarins humanitaires, que l’on diffuse maintenant à contrecoeur des reportages montrant le soutien de la grande majorité des Syriens (88 %) au régime qui les protège contre les aliénés d’Allah.

   Troisième discours (avec des trémolos de consternation) : Mais comment est-ce possible ! Comment de braves petits Français si appréciés de leurs voisins de quartier ont-ils pu basculer dans ce scénario d’épouvante ! Ah, voilà bien l’endoctrinement par les imans, la jeunesse sans travail ni repères, etc.

   Certes, les imans n’ont guère de peine à se montrer plus persuasifs que nos curés, qui n’osent même plus revêtir leur habit de fonction. On pourrait aussi, non sans pertinence, mais on s’en gardera bien ! remonter plus haut pour découvrir du côté de la Palestine quelque responsabilité première et décisive dans l’ouverture de la boite de Pandore islamique, et par voie de conséquence dans ces départs enthousiastes, le surin entre les dents. Mais tout de même ! Quand viendra l’heure des procès intentés à ceux de nos  guerriers barbus  qu’on aura réussi à capturer, je conseille vivement à leurs avocats de produire à décharge, avec les prêches de mosquée, la formidable masse d’articles, déclarations, témoignages de propagande, reportages orientés,  imprécations de BHL, balbutiements sentencieux de M. Hollande, appelant à l’éradication du régime syrien et détaillant l’appui que l’Ordre moral universel et démocratique devrait fournir à ses assaillants. Il n’en fallut guère plus à nos jeunes ancêtres pour partir, la fleur au fusil et la haine au cœur.

Partager cet article
Repost0
31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 08:01

   Les mots « surprise », choc », séisme » employés à qui mieux mieux par les commentateurs appartenant soit au personnel politique bien-pensant, soit aux médias de la même obédience, pour qualifier le résultat des élections européennes, est sans doute ce qui surprend le plus dans cette affaire. Hormis ces spécialistes patentés de la réflexion sociale et politique, on se demande qui aurait pu ne pas prévoir un raz-de-marée bleu marine, annoncé depuis des mois par tous les indicateurs visibles ou pressentis ? En réalité, à l’exception de quelques idiots de village irrécupérables, les politiciens et politologues en question prévoyaient parfaitement ce résultat, mais feignent aujourd’hui un étonnement scandalisé car ils en sont pour une grande part responsables tant par l’impéritie de leurs actes que par leurs prises de position. Ils se comportent  comme ces ministres tombant des nues à propos d’une opération financière douteuse dont ils ont bénéficié.

     Le succès à l’échelle européenne des partis surnommés « populistes » par ceux qui méprisent le peuple et ne tolèrent le suffrage universel que lorsqu’il va dans leur sens, montre sans la moindre ambiguïté qu’une proportion d’électeurs de plus en plus forte commence à mesurer la nocivité de la « construction européenne », telle qu’elle a été dénoncée par les plus perspicaces depuis environ vingt ans : précisément à partir de 1992, annus horribilis non seulement pour la Cour d’Angleterre, mais surtout en raison du funeste traité de Maëstricht. Cette dénonciation, cette leçon collective de philosophie politique, personne, absolument personne parmi les responsables successifs du gouvernement de la France, n’a envisagé une seconde d’en tenir compte. Aux arguments fondés sur la connaissance du passé, sur les lois historiques et économiques, sur l’expérience de la nature humaine, sur la logique, voire sur le simple bon sens, n’ont été systématiquement opposées que des vœux, des prières et des incantations théologales de l’ordre de l’espérance. Grâce à l’Europe de Bruxelles, on allait voir ce qu’on allait voir ! On a vu.

   Non, mille fois non ! avions-nous prévenu : demain, ni Bruxelles ni l’euro ne raseront gratis. En tout cas votre barbe. Ce qu’ils raseront, c’est votre économie, vos usines, votre liberté d’être maîtres chez vous.

   Je ne vais pas établir ici une liste exhaustive des essais et des articles de presse qui, pour me limiter à notre pays, ont participé à cet avertissement prémonitoire. (Mais on sait bien qu’il n’existe pas de devin ; il n’y a que des esprits lucides, capables d’apercevoir les conséquences d’une prémisse.) Je me bornerai pour ma part à rappeler trois ouvrages où trempa mon vieux camarade Mourlet, délaissant le récit de mes frasques sous l’aiguillon de la bêtise régnante : l’Europe déraisonnable (dirigé par Philippe de Saint-Robert) en 1992, Pourquoi Chevènement (2002) et Français, mon beau souci (2009), dont le chapitre intitulé « Le garrot fédéraliste ou la liberté française » reprend à peu de chose près un texte publié dans l’opuscule précédent.

   Sans entrer dans les détails, je voudrais attirer l’attention sur un point, car il peut donner une juste idée de l’ensemble. En 2002, donc, Michel Mourlet écrivait : « Je n'ai jamais lu ni entendu nulle part ce qui semblerait le minimum indispensable d'une information honnête sur la  construction européenne : deux colonnes de chiffres. A gauche, ce que l'Europe a coûté à la France depuis l'origine ; à droite, ce qu'elle lui a rapporté [...]. Dans une civilisation où le Veau d'or est la seule divinité encore respectée, ce serait la moindre des politesses. Est-ce impossible ? » Eh bien, tout récemment,  l’information réclamée a enfin été fournie au grand public, au moins en partie, dans un magazine d’information en ligne : « Les dernières données publiques dont on dispose datent de 2011. Cette année-là, la France avait versé 19,6 milliards d'euros au budget (16,3% du montant total), et se classait deuxième plus gros contributeur d'Europe [...]. » Mais, précise l’article, la France « est un "contributeur net", qui verse plus d'argent à l'Europe qu'elle n'en récupère [...] avec une somme de 13,1 milliards d'euros en 2011. » Sur vingt ans, faites le compte et rapportez-le à la dette publique.

« Remémorons-nous l’agonie de tous les régimes », prophétisait en 2002 l’auteur de la Guerre des idées. « Faut-il attendre que la situation pourrisse davantage, que l’armée excédée prenne le pouvoir ou que la population exaspérée d’être tenue à l’écart s’insurge dans la rue ? » Vox clamantis...

   Pour les lecteurs intéressés par le sujet bruxellois, par la situation de la langue et du cinéma français, et plus généralement par le sort de la France, lire Français, mon beau souci par Michel Mourlet, Éd. France Univers, 228 pages, 21 €. À commander dans toutes les librairies ou directement chez l’éditeur : http://www.editionsfranceunivers.com

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:55

peche-a-la-cuillere.jpg   Question à poser aux étudiants de Sciences-Po : « Du point de vue moral, vaut-il mieux acheter les bulletins de vote avec de l’argent ou avec des promesses fallacieuses ? »

   Réponse d’un étudiant sincère, logique et rebelle à l’endoctrinement (cela doit se rencontrer encore, même à Sciences-Po) : 1) La morale se satisfait mieux du vrai que du faux. 2) les promesses fallacieuses, c’est-à-dire celles que le prometteur sait inapplicables mais tend à l’électeur comme le pêcheur fait miroiter la cuillère à la truite (par exemple Hollande lors de sa campagne), ressortissent évidemment à la catégorie du faux. On le vérifie depuis mai 2012. 3) L’argent sonnant et trébuchant épouse exactement les termes de l’offre et l’attente du bénéficiaire : il ressortit à la catégorie du vrai. Conclusion : l’achat des voix avec de l’argent a le mérite d’être une démarche franche et honnête. L’accaparement desdites par le mensonge électoraliste et la langue de bois est un acte frauduleux inspiré par l’imposture de Tartuffe. (Bourrer les urnes, faire voter les morts ou raconter n’importe quoi pour faire saliver la crédulité populaire, quelle différence ?)

   Leçon à tirer des deux procédés, dont l’un relève du commerce et l’autre de l’escroquerie : celle même énoncée par Nietzsche dans la Gaya Scienza, à savoir que depuis l’avènement de la démocratie, la politique a cessé d’être un métier de gentilhomme pour devenir un marchandage de foire aux bestiaux. Mais si la justice (on hésite de plus en plus aujourd’hui à la coiffer de la majuscule institutionnelle qui jadis, malgré tout, allait de soi) faisait correctement son travail au lieu de ramper devant les puissants du jour, elle punirait plus sévèrement les menteurs qui appauvrissent les naïfs que les industriels qui enrichissent leurs électeurs.

Ci-dessus : argumentaire hollandiste.

Partager cet article
Repost0

Dumby Par Lui-Même

  • : Carnets politiques de Patrice Dumby
  • : Réflexions sur la politique au fil de l'actualité, par le personnage principal d'une série romanesque de Michel Mourlet intitulée "Chronique de Patrice Dumby".
  • Contact

Recherche

Liens