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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:53

   Tandis que les chrétiens d’Orient sont massacrés, que des islamistes conséquents avec les recommandations du Prophète égorgent leurs otages comme ils le font de leurs brebis, que le fou Netanyahu verse à n’en plus finir de l’huile sur son feu, que les Occidentaux stigmatisent le gouvernement syrien au lieu de l’aider à combattre les djihadistes sur son propre sol et le président russe parce qu’il a récupéré la Crimée russe (dont s’était débarrassé Kroutchev pour calmer les Ukrainiens), le mois de mars 2015 restera dans l’Histoire comme celui où une assemblée de sages européens a condamné la France qui n’abolit pas la fessée.

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    J’imagine la tête des nigauds qui ne connaissaient pas Charlie Hebdo et ont cru bon de s’y abonner, devant la couverture du 18 mars trouvant prétexte à grosse rigolade politique dans la catastrophe d’Argentine. Par ailleurs, et bien que cette constatation n’ôte rien au caractère tragique de l’événement, on est bien obligé de dire que l’accident d’hélicoptère où Florence Artaud, Camille Muffat et les autres ont péri est l’un des effets directs  de l’abêtissement de la télévision, passée depuis sa privatisation, et l’introduction consécutive de la concurrence en son sein, du statut de 8e Art à celui de Disneyland pour voyeurs. Sans téléréalité, sans exhibitionnisme sociétal, sans la collusion du Dieu Fric et des médias bien-pensants agenouillés devant Lui, nos sportifs seraient encore bien vivants.

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   Par milliers, des émigrants se noient en Méditerranée, venus de Lybie ou transitant par elle. La Lybie, depuis l’assassinat dans des conditions sordides du colonel Kadhafi, est devenue un pays à la dérive, aux mains de factions rivales, en proie à la terreur islamique. De l’avis général en effet, cette situation a commencé au moment précis où la Lybie a perdu son chef, perte saluée par les applaudissements nourris des nations occidentales, de leurs politiciens, de leurs médias, de leurs populations endoctrinées. Le principal responsable de la catastrophe, qui a pris la tête de la croisade anti-Kadhafi, qui a conduit sans motif national, sans but géopolitique, des soldats français à une mort inutile, s’appelle Nicolas Sarkozy. Il pleurniche aujourd’hui sur le sort des émigrants qu’il a lui-même jetés à l’eau et appelle comme tous les responsables européens (« responsables » est le mot juste) à venir en aide à l’Italie débordée. Il va briguer sa réélection à la présidence de la République. Il y aurait même des citoyens, paraît-l, qui auraient l’intention de revoter pour lui.

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   On organise des « marches blanches » en hommage à la fillette violée et assassinée dans  un bois près de Calais. Elle a subi ce martyre parce qu’un individu de nationalité polonaise, fiché comme dangereux et récidiviste, expulsé de France, interdit de séjour, est revenu tranquillement dans notre pays. J’ai entendu, je le jure, un journaliste se demander « pourquoi » il était revenu. La bonne question eût été : « comment ? » Et la bonne réponse : parce que les accords de Schengen, ayant aboli les frontières dans l’Union européenne, permettent entre autres avantages aux Européens assassins, voleurs, trafiquants de drogue et malfrats de tout poil d’y circuler enfin librement. Cela est bien logique, puisque les frontières entre États, avec leurs barrières, leur police, avaient été inventées notamment pour les en empêcher. La petite martyre de Calais et la dernière en date des victimes du Traité de Maëstricht. On aimerait savoir combien, parmi les « marcheurs blancs » ont voté « oui » le 20 septembre 1992. Ceux-là, qui n’ont rien compris aux enjeux, qui n’ont pas lu ou pas cru ce qui se publiait alors de sensé et de prophétique concernant le projet européen, qui ont déposé leur bulletin dans l’urne un bandeau sur les yeux, font partie des responsables du drame de Calais. Et le second drame, c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte. Au lieu de déplorer les effets et d’essayer de les combattre, cherchez d’abord la cause.

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:39

   Tous les Français ne s’en sont pas encore rendu compte, parce qu’ils ne regardent pas tous Canal Plus (à tort, selon nous ; c’est une chaîne bien instructive) : leur pays depuis la dernière élection présidentielle est gouverné par l’émission « culte » de ladite chaîne, à savoir les Guignols.

   C’est un réflexe culturel : chaque fois qu’ils promulguent une loi, qu’ils font une déclaration solennelle, qu’ils pleurent leurs larmes de crocodile repentant, qu’ils prennent une décision économique, qu’ils interviennent contre une « manif » ou qu’ils expliquent le bien-fondé et les perspectives d’avenir de leur action, nous nous attendons, sourire aux lèvres, à les voir se coiffer d’un entonnoir, se planter un gros nez en carton et se trémousser de l’arrière-train en dansant la farandole. Comment se représenter autrement, dans ses pompes et ses œuvres, l’équipe de bras cassés et de clowns sinistres qui, grâce à une série de mensonges caractérisés et de secrètes impostures dont on commence à peine à apercevoir quelques bribes, prétend aujourd’hui gouverner la France ?  

   Ainsi le « mouton de votant », comme le surnomment entre eux les politiciens, à l’instar de ces publicitaires qui se tapent sur le ventre en évoquant le « cochon de payant », le mouton de votant, donc, le benêt mené à l’urne comme le bestiau à l’abattoir, a cru qu’il allait élire et, partant, concrétiser, les promesses farfelues de M. Mimolette, alors que M. Mimolette,   marionnette de la télévision, sans idées, sans programme, était seulement attentif à dire ce qu’il croyait devoir dire pour fouler enfin un beau tapis rouge après un interminable parcours à la fois terne, médiocre et harassant.

   Ne pouvant à l’évidence remplir les engagements économiques saugrenus qui faisaient saliver la race ovine des électeurs (si maltraitée qu'elle est en voie de disparition, ce qui explique le très faible pourcentage suffisant aujourd’hui à l’élection d’un guignol de l’info), M. Mimolette, du haut de son fromage, a cru qu’il pourrait tenir au moins l’un de ses engagements solennels, car celui-ci ne coûtait rien : la transformation de l’institution du mariage (dont il se soucie comme d’une guigne, au point que pour sa part il s’est bien gardé de s’y soumettre) en une farce truculente dont l’idée, bien entendu, n’était pas de lui… puisque cet homme prudent, habile à se protéger de tout, n’a jamais été agressé par la moindre idée personnelle. L’idée appartient de droit à deux éminents politologues français du siècle dernier : MM. Coluche et Thierry Le Luron. Oubliant (car il n’oublie pas seulement ses promesses) que leur union bidon et brillamment médiatisée avait fait se bidonner la France, mais se rappelant toutefois que les deux drilles en question ressemblaient comme deux gouttes d’eau à ses collègues de Canal Plus, il crut intelligent de transporter cette parodie burlesque dans le code civil. Ainsi, pensait-il, il ferait plaisir sans frais à une poignée de guignolets et guignolettes mêlé-cass, dorés sur tronche au soleil des States et jacassant dans les salons parisiens, sans importance réelle mais  très attachés à ce qu’on les admire quand ils font mine de culbuter la civilisation. Cela fonctionnerait comme d’habitude, comme le lent enlisement dans les sables mouvants de l’Euroland par exemple, grâce à la servilité des corps constitués, derrière le broutement du troupeau.  

   Las ! Cela se passa tout autrement. Quelque chose aurait dû pourtant mettre la puce à l’oreille de Mimolette. Quelque chose qui n’avait rien à voir avec la singerie du conjungo, mais qui dénotait pour le moins, sur la route à sens unique, une sorte de réveil inattendu du bon sens, peut-être même du sens critique, dans cette populace méprisée des élites : le rejet de la fusion alsacienne, présentée comme une réforme utile, une mesure d’économie et d’efficacité accrue, en réalité un pas de plus vers la dislocation de la nation française, tant espérée et depuis si longtemps par nos amis allemands, anglais, eurolandais et mondialistes. La majorité silencieuse (« silencieux » dans le langage politico-médiatique étant comme on sait synonyme d’« abruti »), commençait à s’émouvoir ! Elle commençait à ruer entre les deux brancards, celui de gauche mais aussi celui de droite, qu’il est parfois si malaisé de distinguer l’un de l’autre.

   Iseult convolant avec Sapho, Cupidon au fronton des mairies sodomisé par Corydon (que d’ailleurs personne ne connaît, même parmi les zélateurs de la chose), cela va sans doute se révéler bien pire. « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir » disait quelqu’un qu’ils n’ont pas lu non plus. Quand gouvernent les Guignols, le désobéissance devient plus qu'un droit : un devoir. Ce n’est pas le Général que nous savons qui, d’outre tombe, dira le contraire. Le trop prudent Mimolette, ses yeux de myope gentiment écarquillés, a ouvert la boite de Pandore. Même les dieux ignorent ce qu’il en sortira.

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:15

   Elles sont bien loin les années où Philippe Touraine, le patron des Éditions de la Tour d’Ivoire, m’invitait sur son bateau à l’ancre devant Saint-Tropez, pour déguster les homards préparés par Ponce Pilate. J’observais de haut les grouillements de l’humanité au fond de ses cuves de béton. J’était jeune, mince, bronzé comme un pâtre crétois ; aujourd’hui je souffle dans les escaliers telle une vieille chouette. Peut-être devrait-on mourir à cinquante ou soixante ans : on le faisait de bon cœur au bon vieux temps, le temps où l’on savait encore vivre et mourir. Cela m’aurait évité de pousser, comme il m'arrive maintenant, ma barque jusqu’aux vagues de l’actualité, qui se succèdent, se recouvrent, disparaissent presque instantanément.  Leur unique attrait : vous secouer presque toujours d’un rire irrépressible. À peu de distance du rivage (prudence !), on jette sa ligne, dans l’espoir d’attraper quelque événement digne de l’assiette. Ces jours derniers, on n’a pas été trop déçu.

coluche-luron.jpgLe mariage de Coluche et Thierry Le Luron.

 

Délitement des élites

   D’abord, l’ouverture solennelle, par le président normal en personne, de la cage aux folles. (Comment n’a-t-on pas encore songé à interdire et la pièce et le film, dont le décalage par rapport à la nouvelle « norme » ne va plus tarder à devenir intolérable et passible des tribunaux !) Le mariage, institué dans toute société plus ou moins civilisée pour conférer une assise socialement convenable et familialement stable à la transmission animale de la vie (cette transmission gouvernée par le petit dieu grimaçant que Valéry nommait Éros énergumène), va donc officialiser la pariade d’individus du même sexe. Cette invention burlesque nous remet en mémoire la parodie jouée en 1985 par Thierry Le Luron en haut-de-forme et Coluche une plume d’autruche dans le derrière, épousailles « pour le meilleur et pour le rire », qui firent la joie de la France entière. Aujourd’hui, c’est-à-dire près de trente ans plus tard, la chose est débattue avec le plus grand sérieux. On mesure ainsi le progrès de l’imbécillité dans la conscience collective. Imbécillité programmée, que nous voyons à l’œuvre depuis la fin des années soixante grâce à des dizaines de milliers d’« idiots utiles », comme on les appelle, et mise au service d’un changement notable, non pas dans l’évolution des mœurs comme se plaisent à l’invoquer nos élites délitées, mais dans la finalité de la politique : celle-ci, jusqu’à une époque récente, était considérée comme guidée par l’intérêt général. Or quel est l’intérêt général d’un groupe, s’il croit à l’aventure humaine, à son avenir, à la transmission des valeurs sur lesquelles il se fonde, sinon la perpétuation de l’espèce ? Et qu’est-ce qui est le plus contraire à cette perpétuation qu’un stérile simulacre d’accouplement, dont la reconnaissance officielle doublée d’une continuelle apologie (notamment à la télévision, au cinéma) va aboutir à un seul résultat : son encouragement, sa multiplication ? Mais il se trouve que peu à peu, par un jeu de pressions et appâts divers s’appuyant sur la niaiserie « citoyenne », l’intérêt général qui n’a rien à offrir que lui-même et une permanente apathie, fait place aux appétits particuliers infiniment plus remuants, activistes, influents, qui partout se présentent sous les couleurs de l’« humanisme » et de la « morale », alors qu’ils en sont tantôt la caricature, tantôt la figure inversée. Ainsi la société occidentale est-elle invitée au suicide, tandis que montent autour d’elle, portés par le balancier de l’Histoire, des impérialismes qui depuis longtemps attendent leur revanche et la voient avec gourmandise se dessiner dans nos pourrissements.

   Au fait, quand pourrai-je épouser ma sœur ?

 God save the Queen

   Autre événement, positif celui-ci : l’annonce par le premier ministre de sa Majesté d’un référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne du marécage européen. Je me souviens d’un texte de mon biographe Michel Mourlet, au début des années 2000, où celui-ci saluait déjà l’intelligence et la perspicacité de nos voisins d’outre-Manche, qui avaient su prendre de l’Europe des ronds-de-cuir ce qui les avantageait, sans trop s’alourdir de ses handicaps, le plus évident pour tout le monde sauf pour les banquiers, les économistes et leurs valets politiciens  étant la monnaie unique. À présent que ses inconvénients risquent pour la perfide Albion de surpasser de beaucoup ses faibles avantages (d’ailleurs jamais chiffrés) et poussent le monstre impotent droit vers le cimetière surpeuplé des chimères historiques, l’Angleterre une fois de plus va tirer son épingle du jeu. Car le résultat du référendum ne fait guère de doute : connaissez-vous beaucoup de gouvernements qui acceptent le principe de la consultation populaire directe sur un sujet qui intéresse directement la population, sans être quasiment sûrs de la réponse ?

   Perspective réjouissante : je verrai peut-être la fin du cauchemar européiste avant ma mort. Rêvons un instant. L’Angleterre, riant sous cape, soulève poliment son chapeau melon et se retire. Les pays qui ont le plus souffert du carcan : Grèce, Espagne, et qui n’ont pas osé prendre l’initiative de leur salut, suivent son exemple. L’Italie, sauvée des griffes molles du sinistre Monti, proteste de son attachement à Bruxelles tout en préparant en douce son retour à la souveraineté, autre nom de la liberté. L’Allemagne, malgré tous les bénéfices qu’elle a retirés d’un quatrième Reich enfin conquis et taillé pour elle sur mesure, n’en peut plus de devoir payer et payer sans cesse pour maintenir la cohésion de son empire déglingué ; elle finit par se rendre à l’évidence : les meilleures choses, comme les saucisses, n’ont qu’un temps ; et elle retrouve avec soulagement son deutschemark. La Belgique se fend en deux. En fin de compte, et après d’ultimes défections, l’Europe, plus invincible que jamais avec sa monnaie de plomb et, à la barre, M. Trichet le cheveu en bataille, se replie sur trois positions inexpugnables : la France, Monaco et le Luxembourg.  

  

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Dumby Par Lui-Même

  • : Carnets politiques de Patrice Dumby
  • : Réflexions sur la politique au fil de l'actualité, par le personnage principal d'une série romanesque de Michel Mourlet intitulée "Chronique de Patrice Dumby".
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